[Critique cinéma] La Planète des Singes : l’Affrontement

Habituellement on a tendance à critiquer les suites de films en les définissant comme des machines à fric hollywoodiennes aux scénarios assez pauvres qui se contentent de reprendre ce qui a fait le succès du premier film . La Planète des Singes : l’Affrontement nous prouve pourtant que c’est bien possible de faire une suite réussie. La recette magique ? Il suffit de changer de réalisateur et d’acteurs tout en gardant le même univers. Ajoutez à cela une histoire solide qui garde les bases du premier opus et vous obtenez un très bon second film.

La Planète des Singes : l’Affrontement se déroule dix ans après les événements de La Planète des Singes : les Origines. César, le singe héros du premier film toujours interprété en motion capture par l’excellent Andy Serkis, dirige maintenant une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués menacée par un groupe d’humains qui a survécu au virus dévastateur qui s’est répandu sur la planète. Singes et Humains parviennent à une trêve qui sera de courte durée car les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre.

Ruper Wyatt le réalisateur de La Planète des Singes : les Origines avait réussit à faire un très bon remake de La planète des Singes. Ce n’était pourtant pas une mince affaire, il n’y a qu’à regarder la version ratée de Tim Burton. Ruper Wyatt avait eu l’intelligence de ne pas faire un remake copié collé sur l’œuvre originale mais plutôt de ne garder que le postulat final (les singes qui ont pris le pouvoir sur terre) et d’en raconter les origines. Le film porté par James Franco était efficace, bien écrit et rempli d’émotions grâce à l’interprétation quasi-parfaite d’Andy Serkis (à quand un oscar pour ce grand monsieur ?). Vu le succès critique et public du long métrage, une suite fut très rapidement commandée mais Ruper Wyatt refusa de la réaliser pour la simple et bonne raison qu’il vaut parfois mieux s’arrêter sur une réussite. Et c’est donc Matt Reeves (Cloverfield) qui lui succède au poste de réalisateur et qui amène avec lui une ribambelle de nouveaux acteurs. Ainsi on retrouve Garry Oldman (Batman : The Dark Knight) en leader du groupe d’humains survivants, et Jason Clarke qui va servir de lien et de pacificateur entre les Hommes et les Singes. Autant vous le dire tout de suite ce ne sont pas les humains les héros du film mais les singes. Ce sont eux qui ont vraiment quelque chose à raconter, qui transmettent une vraie émotion. De simples regards entre deux singes sont poignants et en disent plus qu’un long discours. Saluons une fois encore la prouesse technique de la motion capture et des effets spéciaux de la WETA. Les singes numériques paraissent même plus vivants que les humains, un comble non ? Il faut avouer que les rôles attribués aux humains ne sont pas terribles. C’est le seul gros défaut comparé au premier film. Là où James Franco réussissait à exister face au réalisme saisissant de César, Jason Clarke lui passe totalement inaperçu. Même chose pour Garry Oldman, pourtant un grand acteur, qui n’a ici pas grand-chose à jouer. Ce qu’on veut en fait nous faire comprendre c’est que dans cet univers apocalyptique, ce sont en fait les humains qui deviennent des bêtes capables de s’entretuer et foncer tête baissée pour survivre. A l’inverse les singes deviennent encore plus humains, autrefois unis ils vont maintenant découvrir la trahison et la perte de confiance dans leur clan. Cet échange des rôles est intelligent et nous amène un peu plus à comprendre pourquoi les singes en sont arrivés à prendre le pouvoir sur Terre. Il faut maintenant attendre avec patience un nouveau volet qui nous racontera la dernière étape dans cette guerre entre l’espèce humaine et les singes.

Cette suite est une franche réussite qui nous raconte un nouveau pan de cette histoire dont nous connaissons tous le dénouement. Vivement un troisième opus dans lequel la guerre éclatera pour de bon !

Article rédigé par Matt pour Conso-Mag.

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